Bien que tous les amoureux du football étaient hier soir concentrés sur les matchs de Coupe d’Europe, c’est bel et bien une coupe africaine qui a volé la vedette aux grandes écuries européennes telles que le Paris Saint-Germain ou encore le Real Madrid. Chose qui aurait normalement rendu fiers les amoureux du football africain, celle-ci n’a pas daigné montrer le bout de son nez. Ayant déjà laissé une bien mauvaise image de ce que pouvait proposer l’Afrique sur le plan footballistique avec une finale tournant au fiasco, le football africain a cette fois-ci creusé sa propre tombe en désignant le Maroc champion d’Afrique sur tapis vert (0-3) ainsi que par la même occasion notre Dogue, Hamza Igamane.
Une décision qui fait débat
Alors que l’on avait assisté à des scènes surréalistes lors de cette finale, avec des Sénégalais quittant le terrain, la CAF a décidé de remuer le couteau dans une plaie encore béante en déclarant le Sénégal perdant. Finaliste malheureux, le Maroc avait demandé justice après ce scandale et il a obtenu gain de cause : « Le Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé, en application de l’article 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations, de déclarer l’équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le résultat étant homologué sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football », a déclaré les plus hautes instances du football africain.
Il n’en fallait pas plus pour que les différents journaux, joueurs ou instances réagissent à cette bombe lâchée en fin de soirée. Alors que les médias marocains sont eux aux anges, leurs homologues sénégalais ainsi que ceux du monde entier crient « au scandale », alors que certains n’y arrivent pas à y croire, se demandant même si ce n’est pas « la blague du siècle ». Sur le plateau de l’Équipe du Soir, Dave Appadoo déclare même que « cette décision vient planter un clou sur le cercueil » du football africain. Moussa Niakhaté, vainqueur de la CAN avec le Sénégal, a, lui; lancé plusieurs piques sur ses réseaux sociaux : « Venez les chercher. Ils sont fous, eux ! »
Le timing aussi
Alors qu’une tempête médiatique s’abattait sur les instances africaines après la finale ratée, celle-ci avait l’air d’être retombée au fil des semaines. Deux mois après ce tourment, la CAF a décidé de relancer ce déferlement auprès du football africain. Plusieurs s’interrogent sur le timing, dont Nabil Djellit, spécialiste du football africain, sur le plateau de la chaîne l’Équipe : « On pensait que la page était tournée. On s’attendait pas à ce que la CAF sorte l’arme nucléaire. » Alors que le peuple sénégalais éprouve un sentiment d’injustice, le peuple lillois, lui, aurait sans doute préféré que cette décision soit prise bien plus tôt, par exemple lors de la finale. Si l’arbitre avait appliqué le protocole, un certain Hamza Igamane n’aurait jamais disputé cette finale et n’aurait pas pu se blesser au ligament. Mais avec des « si », on refait le monde.
Une histoire loin d'être finie
Après le Maroc, c’est au tour du Sénégal de faire appel :« Pour la défense de ses droits et des intérêts du football sénégalais, la Fédération engagera, dans les plus brefs délais, une procédure d’appel devant le Tribunal arbitral du sport à Lausanne.» En tout cas cette CAN 2025 risque de faire encore couler beaucoup d’encre et sans aucun doute, restera dans toutes les mémoires comme la CAN de la honte.

